Décembre  2020 

     La Vie de l'autre  numéro 6

Souvenirs de Noël

 

1950

2019

Les plus beaux Noël de ma grand-mère et moi

« Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver »

(air connu à chantonner en lisant ces mots)

 

Noël arrive à grands pas! Je sens déjà l’odeur de la dinde, de la farce, de la muscade et de la tarte au sucre du temps des fêtes. J’ai si hâte de manger le fameux ragoût de boulettes de ma grand-mère, de me remplir de “petites saucisses enroulées dans l’bacon” et surtout de dévorer du chocolat à n’en plus finir, jusqu’à presque en avoir l’envie de vomir.

 

Par contre, cette année, ce sera un Noël plus solitaire. Ce sera peut-être un Noël blanc à l’extérieur, mais il sera gris dans mon coeur. Au lieu de m’acharner sur mon sort, j’aime mieux avoir déjà hâte au Noël de 2021 ou me remémorer mes souvenirs de Noël. Laissez-moi vous transporter par la magie du temps des fêtes en vous racontant mon Noël préféré et celui de ma grand-mère…

 

Nous sommes à peu près en 1950. Ma grand-mère Denise Lacroix a cinq ans et attend patiemment mais avec frénésie tout de même l’arrivée du Père Noël. En cette soirée de réveillon, la famille Lacroix a décidé de veiller tard et d’aller à la messe de minuit, un classique du temps des fêtes. Par contre, ils s’y rendent avec un moyen qui n’est plus aussi populaire qu’il l’était: la calèche! Ma grand-mère m’a raconté qu’ils se sont faits transporter par ces chevaux sur près de deux km, la distance entre leur maison et l’église. Rendus là-bas, ils ont laissé les chevaux dans une petite grange située tout près, en entendant les voix de la chorale au loin chanter Minuit Chrétien. Après la cérémonie, ils se sont réinstallés dans la calèche, tous collés les uns sur les autres sous les couvertures de laine pour se réchauffer. En revenant à la maison, ils n’ont pas perdu une seconde ; “on est passé minuit, ça veut dire qu’on est le 25, je peux donc ouvrir mon cadeau!” a probablement dit ma grand-mère. Elle a reçu des petits gants de laine verts cette année-là. J’aurais voulu être là, pour voir son sourire immense et ses yeux pétillants. Qu’y a-t-il de plus beau qu’un enfant envahi par la magie de Noël? Je n’ai pas encore trouvé.

 

Pour ma part, mon plus beau souvenir de Noël est celui de l’an passé. C’est bizarre car sur le coup, le 25 décembre 2019, ça semblait un Noël normal, comme les autres. Mais aujourd'hui, quand j’y repense, c'est le Noël le plus heureux que j’ai vécu. J’ai eu la chance de passer Noël à St-Donat avec toute ma famille. Pour le réveillon, j’ai soupé avec mes grands-parents, nous avions mangé des pâtés que j’avais préalablement achetés en novembre 2019 lors de mon voyage en France. Nous avons profité de notre magnifique nature digne de nos plus beaux hivers québécois avant d’aller à l’église pour la messe. Je crois bien avoir mangé une hostie illégalement car je n’ai pas eu ma première communion, désolée Jésus! Le lendemain matin, mes cousins nous ont rejoints. Je me rappelle avoir passé toute la journée dehors, à faire de la raquette, à promener mon chien, faire du skidoo et jouer au football sur le lac gelé,  sans me fatiguer de la température glaciale ou de la neige. Le soir du 25, on a tous joué dehors comme dans le film La Guerre des Tuques et on a fini la soirée par des feux d’artifices magnifiques. Beaucoup de Québécois (dont moi) détestent la neige et le froid, mais, pour ma part, cette haine est suspendue le temps de 24 heures, et moi, je pense que c’est ça la magie de Noël.

 

Aurélie Lachapelle   

 

voir article écrit par Aurélie sur sa grand-mère ICI

 

La poupée

J’avais 5 ans et demi, je vivais à Ville-Marie.

 

La veille de noël, on allait à la messe de minuit. Mon oncle Gilles, le frère de ma mère avait à peu près 16 ans à l’époque. Dans la famille, on commençait à dire qu’on ne croyait plus au Père Noël et je commençais aussi à croire cela. Ma mère n’arrêtait pas de dire que ceux qui disaient ça n’étaient pas corrects. Quand on est partis pour la messe de minuit, ma mère nous a dit : <<Vous voyez les enfants, la porte est bien barrée et le Père Noël est supposé venir nous visiter après minuit pendant qu’on va être partis. >> 

Sous l’arbre, il n’y avait aucun cadeau. Au milieu de la nuit quand on est revenus, elle a ouvert la porte en premier, elle a allumé les lumières et à notre grande et agréable surprise, il y avait plein de cadeaux sous l’arbre. Je n’en revenais pas et j’étais très heureuse; le Père Noël existait vraiment et il avait pensé à nous. J’avais reçu une petit poupée qu’on appelait des poupons ou des cupidons; ma sœur en avait une aussi et il y avait beaucoup de cadeaux. On n’arrivait pas à trouver une autre explication que la visite surprise du Père Noël. C’est beaucoup plus tard, des années plus tard, que j’ai demandé à ma mère ce qui s’était passé ce fameux soir de mes 5 ans. Elle m’a avoué que mon oncle Gilles avait pris la clé que ma mère lui avait donné et pendant que l’on écoutait les chansons de la messe de minuit, il était revenu à la maison à toute vitesse, il avait placé les jouets sous l’arbre et il était venu nous rejoindre à l’église sans qu’on ne se rende compte de rien. Là, à cause de ce stratagème, j’étais certaine qu’il y avait un VRAI Père Noël et je disais à tout le monde que ceux qui n’y croyaient pas, n’étaient pas corrects.

 

Grâce à ma mère, ça été un BEAU noël et je pensais justement hier à ce souvenir qui me refait toujours sourire. Ma sœur, moi et mon petit frère on était vraiment émerveillés de cette magie, car le Père Noël était venu chez nous.

Lise Tessier

voir article sur elle écrit par Rafi  ICI

 

Les bas de Noël

Ce qui arrivait chez nous à noël quand j’étais petit dans mon village de Notre-Dame-du-Rosaire, dans le bas du fleuve; on étendait des bas dans l’escalier avant de partir à la messe de minuit où il y avait des chants. L’église était pleine, il y avait du monde debout partout et quand on revenait de l’église, on découvrait toujours dans nos bas des bonbons, des fruits, des petits cadeaux. Quelqu’un avait déposé des surprises pendant notre absence et on adorait ce retour à la maison très tard dans la nuit. On restait éveillés de toutes nos forces pour ne pas manquer ce retour merveilleux. 

 

Un petit truc qu’on avait développé; on insistait pour que nos bas soient les plus grands et les plus longs possibles pour avoir le plus de cadeaux et de bonbons en revenant. Je me rappelle encore les yeux immenses que nous avions nous les petits enfants quand on voyait nos GRANDS bas remplis. On adorait noël!

Claude Aubé

voir article sur lui écrit par Maria ICI

 

La pièce montée ! 

Née d’une mère Française et d’un père Québécois, enfants, nous fêtions Noël généralement dans la famille de ma mère; celle de notre père étant très grande, 10 enfants et éparpillée entre la région de Montréal et Québec.

 

Chaque année nous nous retrouvions, les 7 petits enfants vivant au Québec, chez nos grands-parents que nous appelions Mémé et Pépé. Ce qui était très différent de nos grands-parents Québécois que nous devions vouvoyer et appeler Grand-Maman et Grand-papa.  

 

Les parents prenaient l’apéro, du pastis, pendant que nous nous amusions tranquillement. Puis le repas avec entrée d’escargots ou une coquille st-Jacques, des fruits de mer ou une paella, se terminait toujours avec un dessert que je trouvais magique… Une pièce montée !  Dès notre arrivée en fait, la pièce montée trônait sur la table bien mise avec la belle vaisselle fleurie de ma grand-mère.  D’au moins 40  cm de haut, on aurait dit un sapin de Noël enneigé avec ses boules de bonbons couleur argent et ses filets de sucre doré. Cela m’impressionnait tellement ! Et en plus, c’était délicieux ces petits choux à la crème!

 

Ma grand-mère, grande lectrice, nous offrait chaque année à chacun une boite non emballée remplie de livres européens usagés pour enfants qu’elle achetait pour nous à la petite librairie seconde main qu’elle fréquentait régulièrement. C’était sa façon à elle de nous donner en abondance et de nous partager une de ses passions. L’accent était mis sur la réunion de famille, le repas et le moment passé ensemble.

 

Nous allions parfois aussi chez mon oncle Raymond, le frère de mon père, mais j’imagine que nous arrivions pour le réveillon car je n’ai aucun souvenir d’y avoir manger un repas de Noël.  Je ne me souviens que des robes longues que nous portions, de la visite du père Noël et du plaisir que j’avais  d’être avec ma cousine Isabelle.

 

Le premier vrai Noël typiquement Québécois avec la dinde et sa farce, le ragout de boulettes, la tourtière et la tonne de desserts, je l’ai vécu dans la famille de mon copain alors que  j’avais 18 ans !  J’étais fascinée et …dépaysée !  Impressionnée par la différence d’ambiance et de nourriture.

 

Il m’est resté de ces Noël d’enfance le désir des beaux repas partagés, la vaisselle fleurie de ma grand-mère et le souhait d’un jour reprendre la tradition de la pièce montée !

 

 

Sandra

 

Je profite de cette occasion pour me présenter, je suis Mysho, de mon nom d’artiste en arts visuels. Je suis celle derrière la mise en page et la création de certaines illustrations du site ,. C’est avec grand bonheur que je découvre les belles histoires, les touchantes rencontres qui prennent vie grâce à ce site et notre rédacteur en chef, François.   Je vous souhaite un très beau temps des fêtes ! Beaucoup de douceur, de repos et de plaisirs dans la neige pourquoi pas !  On se retrouve en 2021 !!!

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