Février 2021

Biographie à 4 mains

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Notre toute nouvelle journaliste, Aurélie Lachapelle, nous présente, ce mois-ci, une courte biographie de trois belles personnes âgées.

Auparavant, voici un bref portrait d'Aurélie.

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Année et endroit de ta naissance: Alma, en juin 2004

Où as-tu vécu depuis ta naissance (les pays et les villes)?

2004-2005: Alma.

2005-2008: Edéa au Cameroun.

2009-2011: St-Jean-de-Maurienne, petite ville en Savoie, France.

2012-2015: West Island, Montréal.

2016-2021: Laval

Combien de langues parlées: Français et anglais (j’ai très bien appris l’anglais lorsque j’ai habité dans le West Island, un quartier anglophone)

Qu'est-ce que tu aimes dans le fait d'écrire? Écrire, c’est comme une archive du passé ; j’écris depuis longtemps et j’adore relire ce que j’écrivais avant. Je m’imagine déjà relire dans plusieurs années les textes que j’ai écrits pour La vie de l’autre. J’aime aussi écrire pour vous car ça me donne un sentiment d’avoir une voix, d’être écoutée, d’être entendue. Selon moi, les adolescents sont plus ou moins écoutés dans la société actuelle (au niveau politique, par exemple) et le fait d’écrire et qu’on lise ce que j’écris me donne le sentiment que quelqu’un m’écoute et que je suis entendue.

As-tu une idée de ce que tu feras comme métier? Quelque chose en rapport à la relation d’aide (psychologie, travail social, sexologie, etc.)

Ton plus beau souvenir de voyage: Je suis allée en France en novembre 2019 pour un voyage scolaire. J’étais hébergée chez une famille locale avec une fille de mon âge ; cela a été mon plus beau voyage à vie. Une fin de semaine, nous avons, en 2 jours, monté une pièce de théâtre. Nous avons reçu les textes le vendredi soir et nous avons présenté la pièce le dimanche après-midi. J’étais plutôt stressée mais, par-dessus tout, c’était tellement trippant!!!! Je me rappelle encore pratiquer mon texte dans ma chambre le samedi soir; j’étais plus excitée que stressée finalement.

 

Ton plus souvenir: La naissance de ma cousine. J'avais environ 9 ans. Seule la famille immédiate pouvait aller voir le bébé alors mon père m’a dit que je devais faire semblant que j’étais la sœur du bébé et mon frère devait se faire passer pour son frère. Le médecin a remarqué que ce n’était pas vrai mais nous a laissé passer quand même. Je me rappelle très bien de ce moment où j’ai vu pour la première fois ma cousine, ce tout petit bébé. Je trouve ça très cool de la voir grandir car je la connais depuis qu’elle est mini. Je ne l’ai pas vue depuis un petit moment, alors je m’ennuie d’elle.

 

Ton rêve: J’aimerais m’acheter une maison de campagne en Europe rural (France, Espagne, Italie ou Grèce) et faire pousser mes propres légumes. J’aimerais avoir des animaux (pas pour en faire un élevage car je suis végétarienne!!!!) mais des lapins, car c’est cute.

 

Mon but ultime: Être autosuffisante dans cette petite ferme. Je veux faire ce que Jean la Florette a fait dans le roman de Marcel Pagnol.

 

 

Je vous présente ce mois-ci trois personnes adorables avec qui j’ai parlé au téléphone.

 

Mme Léa Martin 

J’ai appelé Madame Martin un certain jeudi après-midi. Cette journée-là, elle me racontait qu’elle était allée marcher dehors, malgré le froid. J’ai tellement apprécié ma discussion avec elle que j’ai envie de vous partager l’histoire de sa vie.

 

Originaire de la ville Moncton au Nouveau-Brunswick, Madame Martin est une femme qui a beaucoup travaillé dans sa vie. À 18 ans seulement, avec quelques cousines, elles décident de venir travailler à Montréal. En passant par les Soeurs de la providence et par l’hôpital Sacré-Coeur, elle se spécialise dans l’entretien ménager. Elle m’a partagé sa passion du moment pour les dessins mandala, un cadeau fait par sa fille. Quand elle a terminé de colorier son mandala, elle le colle sur son mur. Je peux vous dire que je paierais cher pour pouvoir voir son mur de coloriages de chats, de fleurs, de joie.

 

 

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Madame Martin a commencé à me raconter comment c'était, vivre à la campagne dans son enfance. Elle jouait dehors avec ses 4 sœurs et ses 2 frères, dans sa ferme, dans son jardin.

  • 6 enfants! On ne devait pas s’ennuyer chez vous? dis-je vivement, accompagné d’un rire.

  • On ne s'ennuyait pas, répondit-elle en ricanant.

Quand je lui ai demandé si elle avait un beau souvenir de son enfance, ça a été presque instantané. Elle m’a raconté à quel point elle était heureuse la journée où son plus jeune frère est né. Étant une des plus vieilles de ses frères et sœurs, c’était sa responsabilité de s’en occuper. En l’écoutant parler, je pense qu’elle s’occupait de son frère à 1% pour sa responsabilité, et 99% par amour.

 

J’ai adoré parler avec Madame Martin. Elle m’a fait voyager, elle m’a fait rêver et elle m’a fait rire. Elle m’a même dit que ma voix ressemblait à celle de sa petite-fille, ce qui m’a fait très plaisir. À la fin de ma discussion avec Madame Martin, je me suis promis de visiter Moncton au moins une fois dans ma vie.

 

Mme Cécile Gélinas

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Madame Gélinas est la première dame que j’ai appelée pour écrire un article alors, je dois vous avouer que j’étais plutôt anxieuse. Évidemment, malgré mon angoisse, tout s'est bien passé. Je suis très contente que mon premier appel ait été avec Madame Gélinas. Maintenant, je veux faire découvrir à tous ce que j’ai moi-même appris sur cette magnifique dame.

 

Madame Gélinas a dédié sa vie à élever ses enfants. Après s’être mariée à 17 ans, elle n’avait qu’une envie: être mère. Vouloir c’est pouvoir, ainsi elle s’est retrouvée à élever cinq enfants, un cauchemar pour certaines mais pour Madame Gélinas, elle venait de gagner le gros lot.

 

“J’ai commencé à vivre quand j’ai connu mon mari” me dit-elle.

 

 

Immédiatement, un sourire s’accroche sur mon visage. Ce qui rend la vie de Madame Gélinas si magique, c’est l’amour qu’elle partageait avec son mari. Elle me raconta ensuite la soirée de ses fiançailles: c’était à Noël en 1952. Elle était allée passer le temps des fêtes avec la famille de son amoureux. C’était un Noël où ils avaient beaucoup mangé, beaucoup dansé et eu beaucoup de plaisir. Le lendemain, elle est repartie avec beaucoup de souvenirs de la belle soirée mais au fond d’elle-même, elle savait que c’est à partir de ce moment qu’elle commencerait à créer ses plus beaux souvenirs.

 

J’ai senti que ce souvenir a coloré toute sa vie. Avoir des enfants, avoir des petits-enfants, vivre la vie de famille… voilà tout ce qu’elle avait désiré et ce qui allait marquer tous les jours de la suite de cette merveilleuse aventure qu’a été sa vie. Grâce à son beau récit de vie, j’ai terminé cette discussion avec beaucoup de sérénité. Madame Gélinas, avec ses histoires remplies d’amour, a apaisé mon anxiété.

 

 

Mme Noëlla Beaulieu

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La pandémie nous a volé beaucoup de choses. La liberté, la spontanéité et la santé pour certains. Alors que nous reste-t-il? L’amour! Et comme les Cowboys Fringants disent: “Tant qu’on aura de l’amour, ce sera la joie dans not' cour”. Et savez-vous qui répand beaucoup d’amour? Et oui, vous l’avez bien deviné, Madame Noella Beaulieu!

 

Madame Beaulieu a toujours voulu aider à sa façon. Toute jeune, à 15 ans, elle décida de devenir professeur d’école de campagne où elle enseigna à des enfants entre la première et la septième année. Aujourd’hui, elle vit à Laval et est bénévole avec l'organisme SCAMA. SCAMA est un organisme qui a pour mission le maintien à domicile des personnes de 50 ans et plus en perte d’autonomie.

Un des nombreux services que SCAMA offrent sont les appels d’amitié pour les personnes de plus de 50 ans qui se sentent seules. Chaque semaine, Madame Beaulieu appelle environ 7 personnes avec qui elle parle de tout et de rien. Ces personnes, même si à la base elles sont un peu des étrangers, sont devenues assez liées au fil du temps pour toujours permettre d’avoir une discussion téléphonique agréable. Ils parlent de comment ils vont, des activités qu’ils font, de leurs familles, de leur pays natal, et plus encore. Parfois, Madame Beaulieu a une liste de questions à poser pour faire travailler la mémoire de son/sa partenaire de jasage. Une des questions qu'elle aime poser est “qu’avez-vous mangé hier?”. Après quelques secondes de réflexion, la plupart s’en rappelle facilement.

 

Et vous, qu’avez-vous mangé hier? Moi, je ne m’en rappelle plus... mais si vous insistez et me le demandez gentiment, je crois bien que je vais m’en souvenir et vous le partager. Voilà d’ailleurs l’effet que Madame Beaulieu semble avoir sur ses partenaires téléphonique; elle leur parle, leur pose des questions, insiste gentiment et tout se met en place pour un partage tellement utile et agréable. Ah oui, ça me revient! J’ai mangé du spaghetti hier!